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Trafic sexuel et prostitution dans les îles des Mariannes du Nord

06/07/2011 08:35

Réseau de prostitution : plusieurs pays et territoires montrés du doigt dans le Pacifique. [AFP]
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Réseau de prostitution : plusieurs pays et territoires montrés du doigt dans le Pacifique. [AFP]

Le scénario est classique. Les trafiquants font miroiter à des femmes, d’origine asiatique pour la plupart, la perspective d’un emploi bien payé dans le Pacifique. Les victimes s’endettent et se retrouvent contraintes à la prostitution dans des bars de Tonga, de Guam, du Samoa américain ou des Mariannes du Nord.
Wendy Doromal, militante des droits de l’Homme, précise que la plupart des victimes viennent des Philippines, de Chine et d’autres nations asiatiques et qu’elles se retrouvent : « Sans droits politiques, sans droit de vote, sans sécurité sociale et sans voix. »

Le tout récent rapport du Département d’État américain sur la traite d’êtres humain et l’esclavage sexuel a identifié 71 victimes rien que dans ce Commonwealth américain des Mariannes du Nord où c’est devenu un problème majeur. Wendy Doromal connaît bien le problème puisqu’en compagnie de son mari, elle avait réussi à créer un réseau clandestin pour venir en aide et protéger les victimes

DOROMAL : « C’est quand j’habitais là dans les années 80 et 90. Les victimes du trafic d’êtres humains venaient nous voir pour chercher refuge alors nous leur donnions un abri et nous les aidions à trouver un avocat. Nous étions sur l’île de Rota, il fallait donc les envoyer sur Saipan [la capitale] pour qu’elles puissent rencontrer des officiers des autorités fédérales.
Mais ce qui nous déçoit vraiment, c’est que nous avons lutté pendant des années pour que le gouvernement fédéral prenne en charge le système de l’immigration et du travail, un système corrompu dans le Commonwealth des îles des Mariannes du Nord. Et maintenant que le gouvernement fédéral a pris le contrôle, on retrouve les mêmes problèmes et la même corruption. »

Qu’elle est donc l’issue de secours. Wendy Doromal.

DOROMAL : « Je pense que ça va continuer tant que les travailleurs étrangers sous contrat n’auront pas accès à la citoyenneté. Le plus grand problème est que l’employeur sait qu’il peut prendre le passeport des victimes qui se sont beaucoup endettées pour être recrutées et qui doivent donc rembourser. Elles sont prêtes à subir des abus en tous genres afin de gagner de l’argent pour rembourser leur dette. Il faut commencer à les regarder comme des êtres humains et non pas comme des outils de travail ou des cocotiers interchangeables.
Il y a environ 16 000 travailleurs étrangers en situation illégale aux Mariannes du Nord et ils sont privés de tous les droits même s’ils représentent la majorité de la main d’œuvre du secteur privé. Ils sont sans droits politiques, sans droit de vote, sans sécurité sociale et sans voix et les employeurs le savent, le trafiquant le sait alors on profite d’eux et on continuera tant qu’ils n’auront pas des droits politiques et sociaux. »


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