Brèves du Pacifique > Brèves du Pacifique - 15/12/2009

Brèves du Pacifique

Brèves du Pacifique - 15/12/2009

Les nations océaniennes du Pacifique ne sont pas la principale préoccupation du professeur Garnaut (photo: Dave Hunt).
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Les nations océaniennes du Pacifique ne sont pas la principale préoccupation du professeur Garnaut (photo: Dave Hunt).

Ross Garnaut minimise les inquiétudes des nations océaniennes menacées par la montée des océans - Pour cet éminent économiste australien, l’intervention de Tuvalu a certes fait son effet à Copenhague. Mais il a déclaré à nos confrères d’Australia Network que « Toutefois, ce n’est en fait qu’une toute petite partie du problème mondial. »

Ross Garnaut, auteur d’un rapport sur le changement climatique pour le gouvernement, a ajouté : « Les populations des nations océaniennes du Pacifique Sud finiront par être délocalisées en Australie ou en Nouvelle-Zélande, le monde entier s’y attend et nous finirons par nous en accommoder ; la solution est donc trouvée ». “Ce qui est beaucoup plus inquiétant, estime-t-il, ce sont les populations qui vivent à faible altitude dans des endroits du monde à forte densité démographique, notamment les vallées des grands fleuves d’Asie. »

FIDJI: un dialogue à la japonaise pour restaurer la démocratie - “Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage“. C’est la morale de l’une des fables de La Fontaine. Elle correspond en tout point à la méthode japonaise pour restaurer la démocratie à Fidji où la voix du Japon compte. Les 2 pays sont des partenaires diplomatiques de longue date. L’ambassadeur du Japon à Fidji multiplie donc les démarches auprès du Premier ministre par intérim, Frank Bainimarama, pour un rétablissement de la démocratie. Yutaka Yoshizawa est satisfait et il le dit: “Le Japon constate les améliorations créées petit à petit par le Contre-Amiral pour les Fidjiens. Pour cela il peut compter sur l’aide du Japon“, a-t-il déclaré. L’ambassadeur pousse Frank Bainimarama à décider d’un référendum ou d’une réforme constitutionnelle pour accélérer la démocratisation de Fidji. Yutaka Yoshizawa espère aussi que Fidji puisse renouer le dialogue avec ses partenaires diplomatiques, en particulier l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Deuxième projet de gaz naturel liquéfié en Papouasie Nouvelle-Guinée - 24 heures après la signature d’un important accord d’exploitation de neuf milliards de dollars (668 milliards de Fcfp) avec ExxonMobil et toute une série de sociétés partenaires, le gouvernement a donné le feu vert à un projet soumis par la société canadienne, Interoil. C’est donc un deuxième projet qui voit le jour après la découverte par les Canadiens de réserves de gaz dans deux puits, Elk et Antelope, dans la province du Golfe. Selon des sources crédibles dans les milieux industriels, ces réserves de gaz seraient plus que substantielles mais davantage de tests sont nécessaires avant de pouvoir déterminer plus précisément le volume. Ce projet, une coentreprise entre Interoil et une société pétrolière papoue, Petromin, qui détient 22% des parts, prévoit la construction d’une nouvelle usine de traitement et d’un gazoduc. Les premières exportations ont été prévues pour 2015.

À Guam, l’éducation négligée par les États-Unis - Le Département de l’éducation manque de fonds. Les écoles de ce territoire ne seront donc pas aux normes légales. Le corps enseignant a réclamé un budget supplémentaire à la législature du territoire de 26 millions de dollars (2.1 milliards Fcfp) additionnels pour assurer les coûts d’exploitation des établissements scolaires jusqu’à la fin de l’année financière, c’est-à-dire juin 2010. Le Département de l’éducation précise toutefois que 65 millions de dollars supplémentaires sont en fait nécessaires pour respecter les normes requises. Et on est encore loin du compte, comme l’affirme Matthew Rector, président de la Fédération des enseignants de Guam, qui est en train de perdre patience : « Le système scolaire manque de fonds depuis des décennies et c’est de la folie. Si nous voulions être au niveau des États-Unis, sur ce qu’ils dépensent par enfant, nous aurions besoin d’un budget de 500 millions de dollars (41 milliards Fcfp). On ne peut pas continuer comme ça année après année. Le système est en passe de s’effondrer. Ce n’est pas bien pour nos enfants et pas bien pour notre île. »

La Nouvelle-Zélande accusée de manquer de courage à Copenhague - L’empêcheur de tourner en rond, c’est Tuvalu. Une petite nation océanienne d’un peu plus de 10 000 habitants particulièrement menacé par la montée du niveau des eaux, qui a réclamé un accord juridiquement contraignant pour réduire les émissions de carbone. Tuvalu, assurée du soutien d’autres nations océaniennes et de plusieurs pays africains, veut que cet accord soit signé vendredi prochain. Pas la Nouvelle-Zélande. Geoff Key, conseiller politique de Greenpeace, a exprimé sa déception étant donné qu’un accord qui n’est pas juridiquement contraignant ne sert pas à grand-chose : « La Nouvelle-Zélande se doit d’être avec le Pacifique. Nous devons tous faire front commun. » L’ambassadeur néo-zélandais du changement climatique, Adrian Macey, estime que l’attitude de Tuvalu « est essentiellement un peu de démagogie » pour se positionner avant l’arrivée des grands de ce monde. Et d’ajouter que la Nouvelle-Zélande préfère suivre une voie plus « réaliste ».

Feu vert pour Virgin et Delta - La Commission australienne de la concurrence et des consommateurs a autorisé une co-entreprise entre la compagnie aérienne australienne Virgin Blue et la société américaine Delta Airlines pour des liaisons aériennes transpacifique vers les États-Unis. L’organisme de régulation précise que les transporteurs seront autorisés à coordonner leurs tarifs, la planification des vols et leur capacité de transport respective. Cette route est considérée comme l’une des plus lucratives du monde et la présence de Virgin et de Delta ne manquera pas de faire concurrence aux titulaires de la transpacifique : Qantas et United Airline. Delta est entré sur le marché en juillet dernier et Virgin Blue en février. Ne reste plus à ces deux compagnies aériennes de décrocher l’immunité antitrust du gouvernement américain. Les lois antitrust interdisent toute forme d’entente. Elles ont pour objectif de maintenir la concurrence.

Un nouveau documentaire sur la surpêche dans les océans - Intitulé « End of the Line » (Au bout de la ligne), il vient de sortir sur les écrans australiens et suit les aventures de Charles Clover, journaliste d’investigation qui confronte responsables politiques et célébrités de la restauration. Ben Birt, de la Société de protection marine australienne, précise que le film prend aussi en compte l’impact de la pêche hauturière sur les stocks de poissons dans la région du Pacifique. Ces bateaux de pêche opèrent dans les eaux territoriales des petites nations océaniennes ou dans les zones de haute mer qui les séparent où, c’est selon, les raccordent. Pour Ben Birt : « Ce qu’il faut, c’est se concentrer davantage pour tenter de limiter ces flottes de pêche hauturière, pour réduire leurs prises qui ciblent le thon à nageoires jaunes et le thon rouge, deux espèces actuellement au centre de la surpêche. Et ça ne peut pas durer éternellement si l’on veut que ces stocks survivent. »

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