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Vente d’objets d’arts océaniens et patrimoine culturel national (1)

24/06/2010 09:11

Lot 9 MAGNIFIQUE ET RARE STATUE FEMININE, GROUPE EWA, RIVIERE KOREWORI, MOYEN SEPIK, PAPOUASIE NOUVELLE-GUINEE Haut. 107 cm ; 42 in.300 000 – 500 000 EUR. [Copyright: Sotheby’s – ArtDIgital Studio]
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Lot 9 MAGNIFIQUE ET RARE STATUE FEMININE, GROUPE EWA, RIVIERE KOREWORI, MOYEN SEPIK, PAPOUASIE NOUVELLE-GUINEE Haut. 107 cm ; 42 in.300 000 – 500 000 EUR. [Copyright: Sotheby’s – ArtDIgital Studio]

Le scénario est ainsi : dans l’édition du 11 juin du quotidien The National, en Papouasie Nouvelle-Guinée, nous apprenons que de rares objets d’art papous vont être mis en vente par la Maison Sotheby à Paris.
Nous apprenons aussi que ces objets, rachetés par Sotheby, faisaient anciennement partie de la collection Jolika de John Friede et de son épouse. Collection donnée au De Young Museum de San Francisco aux États-Unis.

Et enfin, l’un de ces objets, un masque Biwat, aurait initialement été obtenu par un acheteur d’art australien, Wayne Heathcote, qui serait lié à des exportations illégales d’objets d’art papous classés au registre du patrimoine national.

Caroline Lafargue a empoigné son téléphone pour prendre contact avec Marguerite de Sabran, la Directrice d’arts d’Afrique et d’Océanie à Sotheby à Paris, qui n’est pas au courant de l’article publié par the National.

Marguerite de Sabran : « Il n’y a, à notre connaissance, aucune suspicion sur ce masque en particulier. Et s’il y en avait une et si l’on avait appris quoi que ce soit sur cet objet, il est évident qu’on ne l’aurait pas présenté en vente. Et puis en plus, pour revenir au masque Biwat, on sait qu’il en existe au Metropolitan Museum of Art. On a des pièces qui sont des objets représentés de façon ouverte dans les musées européens et américains »

Caroline Lafargue : « Est-ce vous remontez jusqu’à l’origine de l’origine ? Par exemple pour le masque Biwat, une fois que vous vous êtes arrêtés à John Friede, est-ce que vous continuez à faire des recherches sur le propriétaire précédent ? »

Marguerite de Sabran : « On le fait au maximum, et là c’est vrai, que je ne sais pas effectivement quelle était la provenance avant Wayne Heathcote sur ce masque en particulier. »

Caroline Lafargue : « Dans ce cas là, est-ce que votre réflexe à Sotheby serait de décrocher le téléphone et d’appeler le ministère de la culture papou ? »

Marguerite de Sabran : « Si je sais que je suis en face d’un objet réclamé, certes ! Pour vérifier toutes les réglementations en vigueur sur la protection du patrimoine national »

Caroline Lafargue : « Mais vous n’avez reçu aucune alerte sur les objets de Papouasie Nouvelle-Guinée ? »

Marguerite de Sabran : « Non, non. »

Pour finir, le masque Biwat n’aurait pas été vendu.

Toutefois, plus de 30 objets du Vanuatu, de Kiribati, de Papouasie Nouvelle-Guinée et de Nouvelle-Zélande ont été mis aux enchères et la vente a engrangé près de trois millions de dollars américains. (290 millions de Fcfp environ.)

Merci à Marguerite de Sabran qui a accepté de répondre à nos question à une heure bien tardive, déclage horaire oblige.


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