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Vanuatu: «aucun citoyen ne peut avoir confiance en la justice»

08/07/2011 12:06

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Le logo du Vanuatu Daily Post, dirigé par Marc Neil-Jones.

150 dollars. C’est l’amende à laquelle a été condamné le mois dernier un ministre vanuatais pour avoir fait tabasser le rédacteur en chef du Vanuatu Daily Post. Une amende ridicule, estime la victime, Marc Neil Jones.

En février dernier, le Ministre des Infrastructures et des Services publics, Harry Iauko, a débarqué avec ses hommes de main dans sa rédaction pour lui cogner la tête contre les murs. Motif: Marc Neil Jones avait écrit un article sur des accords fonciers douteux conclus lorsque Harry Iauko occupait le fauteuil de Ministre des Affaires foncières.

L’affaire a déjà bien failli ne pas être examinée du tout par la justice vanuataise, mais devant la campagne internationale de soutien à Marc Neil Jones, les juges n’ont pas eu le choix. Aujourd’hui, Marc Neil Jones ne peut pas réclamer une condamnation plus sévère que ces 150 dollars d’amende contre le Ministre Iauko. Campbell Cooney l’a joint à Port-Vila:

«Mes avocats m’ont expliqué que nous ne pouvions pas faire appel de cette condamnation ridiculement clémente, seul le bureau du procureur peut le faire. Or dès le départ j’ai exprimé mes doutes sur l’impartialité du parquet, il y a clairement un conflit d’intérêt.»

Impossible de faire appel au Vanuatu, mais la Fédération Internationale des Journalistes et le Forum pour la Liberté dans le Pacifique ne veulent pas en rester là. Ils vont porter l’affaire devant le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.

Au Vanuatu en effet, c’est un cas désespéré. Le vice-Premier ministre lui-même, Ham Lini, a déclaré que l’incident avait été grossi et que ce n’était pas si grave puisqu’il n’y a pas eu mort d’homme. La réaction de Marc Neil Jones:

«Je pense qu’on l’a mal conseillé, et puis je vous rappelle qu’il est au gouvernement, comme Iauko, et ce gouvernement a une très courte majorité au Parlement, il est très instable et toute action en justice intentée contre un des membres de la majorité peut faire tomber le gouvernement!»

Pour le patron de presse, c’est le découragement. D’ailleurs il envisage de quitter le Vanuatu:

«J’en ai assez de me battre pour une cause perdue. Au Vanuatu, si je ne peux pas obtenir justice contre un ministre coupable d’agression, alors que j’ai un mégaphone, vu que je possède un journal, alors cela veut dire qu’aucun Vanuatais ne peut avoir confiance en la justice.»

C.L.


Vos commentaires


PRIMULA
"...Le Vanuatu n’est pas un état de droit, ça ce n’est pas nouveau, mais tant qu’aucun journaliste ou aucune personne importante n’a été la victime de cet état de fait personne, n’a voulu le voir. Même pas et surtout pas les journalistes….. Les quelques juges Néo-Zélandais présents à Vanuatu ne sont la que pour veiller aux intérêts des Néo-Zélandais et des Australiens présents qui ont dépossédés les Ni-Vanuatu de leurs terres à des prix ridiculement bas……..."


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