Une société malaisienne condamnée pour déforestation illégale
01/07/2011 08:41
97 millions de dollars américains de compensation et une victoire pour une organisation écologiste et une association de propriétaires fonciers coutumiers.
C’est le Centre pour la justice environnementale et les droits de communautés (CERCOR) qui a porté l’affaire devant la justice au nom des 4 tribus et propriétaires des ressources de la région de Kiunga - Aiambak, dans la Province Ouest de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Le Tribunal national a rendu son verdict et la société malaisienne Concord Pacific doit maintenant verser près de 100 millions de dollars de compensation pour déboisement illégal et dégâts massifs à l’environnement. Les 4 tribus concernées représentent environ 1 800 personnes.
Caroline Tiriman, notre collègue papoue du service Tok Pisin (pidgin) s’est entretenue avec le directeur du CERCOR, Harrison Owage, qui nous parle de l’importance de ce verdict.
OWAGE : « Et fait, c’est vraiment lourd de conséquences et c’est une victoire pour le peuple et le pays tout entier. C’est ce que l’on dit une affaire qui fera précédent. Ce type d’affaire n’a jamais gagné devant la justice jusqu’à la décision de mardi dernier. Pour résumer, ce cas va créer un précédent et c’est une victoire pour la Papouasie Nouvelle-Guinée. Nous nous occupons du dossier depuis 2001 quand les plaignants sont venus dans nos bureaux et ça nous a pris près de 10 ans, 10 ans à nous occuper de cette question en particulier. »
Essayons de résumer ce qui s’est passé dans les grandes lignes. Harrison Owage.
OWAGE : « Tout a commencé quand cette société, Concord Pacific Limited, a ouvert un bureau pour déboiser afin de construire une route entre le village de Kiunga et le village d’Aiambak… une route de 195 kilomètres. En même temps, ils ont commencé à abattre des arbres en toute illégalité, [pas pour construire la route]. Quand les propriétaires coutumiers ont vu cela ; ils sont venus nous voir. C’était en l’an 2 000 et nous avons lancé une enquête préliminaire et tout comme les propriétaires nous avons vu que des arbres étaient abattus sans permis approprié et que ces activités polluaient les rivières locales. Nous avons donc accepté de les défendre en 2001 et c’est ce que nous avons fait jusqu’en 2011. »
Je suppose que les propriétaires fonciers, présents à l’annonce du verdict, ont été satisfaits ?
OWAGE : « Vous auriez dû voir leurs réaction à la sortie du tribunal, ils étaient vraiment contents, ça gesticulait de tous les côtés, tout le monde s’embrassait. Après toutes ces années de lutte c’était fini, et ils avaient finalement gagné le procès, vous pouvez imaginer leur joie. »
Et enfin, pourquoi ce verdict est si important pour le pays ?
OWAGE : « Cela montre que notre système judiciaire fonctionne très bien, qu’il est indépendant et que si une société, un entrepreneur ou le gouvernement ne se préoccupent pas des problèmes ou d’une situation ou questions problématiques, et bien ils peuvent se retrouver devant la justice, nous l’avons fait et nous avons gagné. »
Harrison Owage, directeur du CERCOR : le Centre pour la justice environnementale et les droits des communautés.


















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