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Taxe carbone: Cate Blanchett déclenche la fureur de l’opposition

31/05/2011 10:41

La star australienne Cate Blanchett prête son visage et sa voix à la campagne pour la taxation des émissions de carbone, une campagne financée par 11 organisations dont Greenpeace, le WWf et le Climate Institute. (AAP: WWF)
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La star australienne Cate Blanchett prête son visage et sa voix à la campagne pour la taxation des émissions de carbone, une campagne financée par 11 organisations dont Greenpeace, le WWf et le Climate Institute. (AAP: WWF)

«(Voix masculine) Et si nous disions oui à la taxation des grandes entreprises qui polluent notre ciel?
(Voix masculine) Nous dirions alors oui à moins d’émissions de carbone.

(Voix masculine) Oui aux énergies propres et renouvelables.
(Voix féminine) Oui à des aides pour ceux qui ont du mal à payer leurs factures.
(Voix masculine) Oui à de nouveaux emplois.
(Voix féminine) Oui à une meilleure santé pour nos enfants.
(Cate Blanchett) Et puis oui à la lutte contre le changement climatique.»

L’actrice Cate Blanchett conclut cette pub qui tourne sur toutes les télés australiennes en ce moment, une pub qui appelle les Australiens à soutenir la création d’une taxe carbone. La campagne est financée par 11 grandes organisations, dont Greenpeace, le WWF et le Climate Institute.

L’Australie est en proie à un débat passionné. Le soutien de l’actrice oscarisée à la taxe carbone a déclenché la fureur de Barnaby Joyce, sénateur du Queensland et membre du Parti National, dans l’opposition. Il s’est attaqué à l’actrice multimillionaire en disant qu’elle, au moins, elle aurait les moyens de payer la taxe carbone:

«Cate, nous ne pouvons pas te soutenir là-dessus, c’est pas bien. Tu vas faire du mal aux gens Cate, vraiment du mal, si tu soutiens cette taxe, tu vas plonger les gens dans la misère. Nous devrions plutôt employer nos forces à trouver un moyen de faire baisser les prix de l’énergie, Cate, et non pas de les faire grimper!»

Du côté du gouvernement travailliste, le Ministre du Changement Climatique Greg Combet se félicite du soutien de la plupart des grandes organisations industrielles - le Conseil Economique d’Australie, le Groupe Australien de l’Industrie, mais pas la Chambre de Commerce et d’Industrie Australienne. Le dernier projet cependant prévoit une taxe carbone très faible, de 10 dollars par tonne émise.

Notons qu’un groupe d’experts a dernièrement conseillé au gouvernement australien de ne pas descendre en dessous de 40 dollars la tonne de carbone émis. L’un des trois députés indépendants, Tony Windsor, estime que 10 dollars, cela revient quasiment à ne rien faire. Selon lui les industriels ont largement les moyens de s’acquitter de cette taxe, et cela ne permettra pas la réduction des émissions de carbone.

Les lignes bougent dans ce débat, car certains Libéraux sont en faveur de la taxe carbone, alors que le leader du parti, Tony Abbott, est résolument contre. C’est le cas de l’ancien ténor du parti John Hewson, et également de l’ancien Premier ministre Malcolm Fraser. Tous deux ont signé, avec 138 autres personnalités, une lettre ouverte demandant une taxe carbone pour sauver le climat. Egalement au rang des signataires: Peter Doherty, le Prix Nobel de physiologie ou de médicine 1996.

Et décidément, le débat sur la taxe carbone a le don de diviser profondément l’Australie. Le 16 août 2010, le Premier ministre Julia Gillard annonçait que son gouvernement avait abandonné l’idée d’une taxe carbone. Avant de rétropédaler.

C’est cette même taxe carbone qui a valu au Premier ministre Kevin Rudd de se faire “putscher” par son propre parti. C’est ainsi que Julia Gillard est arrivée au pouvoir fin juin 2010, en calmant les industriels et en déclarant qu’elle n’était pas en faveur d’une taxe carbone.

C.L.


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