Papouasie Nouvelle Guinée: la chasse au sorcières fait trois morts
26/07/2011 11:48
Trois femmes ont été enlevées la semaine dernière aux abords de Port-Moresby, atrocement torturées puis étranglées. Les assassins pensaient qu’elles avaient jeté un sort à un homme d’affaires, lequel est mort dans un accident de voiture.
En Papouasie Nouvelle Guinée, ces meurtres par vengeance sont courants. Selon Amnesty International, en 2008, 50 personnes accusées de sorcellerie ont été assassinées dans deux des 19 provinces. En 2009, 200 meurtres dans une seule province. Cette fois-ci les assassinats ont mis le pays en émoi car ils ont eu lieu a Port-Moresby.
Le grand chef de la police papoue Joseph Tondop a donc annoncé qu’il commandait un rapport en vue de punir plus sévérement les auteurs de ces crimes. Campbell Cooney a joint Donna Guest, la vice-directrice d’Amnesty International pour l’Asie-Pacifique:
«Non seulement les lois doivent être renforcées, mais il faut aussi former les policiers et le parquet pour qu’ils soient plus sévères avec les auteurs de ces crimes particulierement violents qui se substituent a la justice et administrent eux-mêmes ce qu’ils jugent être une juste sanction. Car ces assassinats ont lieu sur des sorcières et meurtrières présumées. Parfois ce sont des gens qui meurent dans des accidents de voiture, mais parfois ce sont aussi des gens qui meurent du sida, et comme les gens ne connaissent pas la maladie, ils pensent que quelqu’un a jeté un sort au malade. Donc il faudrait déjà qu’on explique ce qu’est le sida aux gens, qu’il est mortel. Voilà déjà une piste.»
L’assassinat des gens soupconnés de magie noire concerne avant tout les femmes. Et mettre fin a ces pratiques sera long et difficile car elles s’inscrivent dans un climat général très dur pour les femmes en Papouasie Nouvelle Guinée. Donna Guest:
«Ce qui nous inquiète le plus c’est que les victimes sont la plupart du temps des femmes, et cela s’inscrit dans un climat de violence générale sur les femmes en Papouasie Nouvelle Guinée, où le taux de violences sexuelles et physiques est très élevé. Ce sont des meurtres par vengeance, il faut donc expliquer aux gens qu’il y a d’autres moyens d’obtenir justice, il faut former les policiers a la prévention de ce type de meurtres, mais aussi des crimes sexistes, qui ne sont pas limités à la sphère domestique, parce qu’il arrive que les policiers violent les femmes en détention. C’est vraiment un problème général.»
Amnesty International continue ses pressions sur l’ONU et sur le gouvernement papou pour faire cesser ces exécutions de personnes soupconnées de sorcellerie.
C.L.


















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