Papouasie: grosses manifestations des Indépendantistes à Jayapura
04/08/2011 11:09
Près de 10 000 Papous ont manifesté mardi pour demander au gouvernement indonésien un référendum d’autodétermination sur le modèle de celui du Timor-Leste.
La plupart des manifestants se sont regroupés devant le Parlement provincial à Jayapura, le chef-lieu de la Papouasie, mais il y avait aussi des protestataires à Timika, sur la côte sud, là ou se trouve la gigantesque mine d’or et de cuivre de Freeport. Les manifestants ont brave une forte présence de police indonésienne.
Le Comité National de Papouasie Occidentale (organe séparatiste) accuse les forces indonésiennes d’avoir provoqué une diversion pour diviser le mouvement séparatiste et donc empêcher la manifestation d’avoir lieu. Une analyse que ne cautionne pas Richard Chauvel, chercheur a l’Institut de sciences sociales et de psychologie de l’Université du Victoria a Melbourne, et observateur de longue date des événements en Papouasie:
«Il y a eu des violences dans le centre des Hauts-Plateaux, mais elles sont liées a un conflit entre les supporters de deux candidats à une élection régionale, celle du chef du gouvernement de district de Puncak qui se tiendra dans deux mois. Un parti politique, le Gerindra, soutient deux listes électorales et seule l’une des deux listes a été acceptée par la Commission électorale indonésienne. Du coup, les supporters du candidat évincé ont attaqué ceux du candidat accepté. Mais je ne pense pas que cet incident ait été orchestré pour semer la zizanie et empêcher la grande manifestation de lundi, c’est une affaire très locale.»
Bilan de cette querelle: 21 morts. Pas d’intention de la part des forces indonésiennes donc de semer la discorde dans les rangs des séparatistes, selon le chercheur australien Richard Chauvel. Mais ce qu’il y a de sur, c’est que le gouvernement indonésien n’a pas non plus l’intention d’accéder aux demandes des séparatistes et d’organiser un référendum d’autodétermination:
«Je pense que c’est très peu probable. Le gouvernement du Président Susilo Bambang Yudhoyono est déjà très réticent à s’assoir autour d’une table avec les leaders séparatistes papous. Même si le Président a promis ce qu’il appelle une “communication constructive”, mais personne ne sait ce qu’il entend par là, on ne sait pas s’il veut dire par là qu’il adhère au dialogue entre le gouvernement et les chefs politiques papous proposé par l’Institut Indonésien des Sciences, depuis bientôt deux ans. C’est trop tôt pour le dire.»
Voilà pour le dialogue. Mais il y a aussi des questions encore plus concrètes de pauvreté dans les deux provinces indonésiennes mélanésiennes de Papouasie et de Papouasie Occidentale. Richard Chauvel:
«Le meilleur signe positif que nous avons reçu, c’est l’intention de Jakarta d’établir une unité spéciale au sein du bureau du vice-Président pour accélérer le développement économique en Papouasie et en Papouasie Occidentale. Cette unité spéciale est mise en place sur le modèle du bureau de reconstruction établi pour Aceh après le tsunami, reconstruction qui est donnée en exemple par Jakarta par opposition au flop du statut d’autonomie accordé à la Papouasie. Mais cette unité spéciale pour le développement en Papouasie ressemble fort à un geste de recentralisation, puisqu’elle est placée directement sous l’autorité du vice-Président indonésien.»
Richard Chauvel répondait aux questions de Bill Bainbridge sur Radio Australie.
C.L.











![Le drapeau des séparatistes mélanésiens est interdit dans la province indonésienne de Papouasie. [ABC] Le drapeau des séparatistes mélanésiens est interdit dans la province indonésienne de Papouasie. [ABC]](../reslib/201006/r589277_3761109.jpg)







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