Nouvelle-Zélande: «nous ne voulons pas vous accueillir»
13/07/2011 13:58
A ce jour aucun boat-people n’a encore jamais pu parvenir jusqu’aux côtes néo-zélandaises. Le voyage vers la Nouvelle-Zélande est très long et périlleux, mais le pays figure désormais sur la liste des passeurs de clandestins.
Mardi en effet, les autorités indonésiennes ont intercepté un bateau de 88 demandeurs d’asile sri-lankais au large de l’île de Bintan, située à moins d’une heure en bateau de Singapour. A bord, les demandeurs d’asile brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Nous avons besoin de la Nouvelle-Zélande». Certains agitaient même des drapeaux kiwis.
La réponse du gouvernement néo-zélandais ne s’est pas faite attendre, bien que le boat-people ait été encore à des milliers de kilomètres des eaux néo-zélandaises. Le Premier ministre John Key était interviewé mardi sur la chaîne de télé kiwie 3news:
« Clairement, les choses se compliqueraient si un boat-people entrait dans nos eaux territoriales, mais évidemment la Nouvelle-Zélande mène une politique à visage humain, alors bien sûr nous étudierions leur demande d’asile. Ceci dit, tant que les bateaux n’atteignent pas nos eaux territoriales, notre message est très clair: nous ne voulons pas que les gens viennent en Nouvelle-Zélande par ce canal, nous les expulserons si nous les trouvons, nous le faisons déjà avec les immigrés clandestins qui arrivent dans nos aéroports. Et c’est un système juste, car la Nouvelle-Zélande accueille chaque année 750 réfugiés dans le cadre du programme de l’UNHCR, ce sont de vrais réfugiés et nous faisons tout notre possible pour les assimiler dans la société néo-zélandaise. Les gens qui tentent d’entrer par d’autres canaux essaient de brûler la priorité aux vrais réfugiés.»
En Australie, la fermeté néo-zélandaise émeut les défenseurs des demandeurs d’asile. Cameron Wilson a joint Sophie Peer, la porte-parole du Conseil des Réfugiés d’Australie:
«Je pense que ces pancartes signifient deux choses: d’abord que ces gens ont besoin de trouver refuge dans un pays sûr mais aussi, et c’est désespérément triste, que l’Australie manque à ses devoirs vis-à-vis de ces Tamouls du Sri Lanka qui ont du fuir les persécutions. Ces Tamouls sont arrivés en Indonésie, qui n’est pas un signataire de la Convention de l’ONU sur les réfugiés, et le pays le plus proche qui est signataire de la convention, c’est l’Australie don’t la politique consiste à maintenir les demandeurs d’asile en détention sur Christmas Island pendant des mois voire des années, donc la seule solution qui reste, c’est de se tourner vers le dernier pays de la région signataire de la convention, à savoir la Nouvelle-Zélande. Ces gens sont assez désespérés pour entreprendre ce très long voyage.»
Le Conseil des Réfugiés d’Australie réclame un approfondissement du processus de Bali, en clair une réunion au sommet de l’Australie et de la Nlouvelle-Zélande avec les pays de la région qui sont sur le chemin des clandestins, à savoir la Thaïlande, la Malaysie, l’Indonésie. Un processus qui s’annonce forcément très long. Sophie Peer:
«Il n’y a pas de solution miracle, mais en revanche, ce que le gouvernement australien peut faire immédiatement, c’est examiner les demandes d’asiles des détenus de Christmas Island, ces gens ne sont pas concernés par l’accord avec la Malaysie, ils sont tombés dans l’oubli et sont arbitrairement détenus. Quant au gouvernement néo-zélandais, il devrait arrêter immédiatement de faire peur aux citoyens en agitant la menace des “milliers de boat-people”.»
Sophie Peer, la porte-parole du Conseil des Réfugiés d’Australie, au micro de Cameron Wilson sur Radio Australie.
C.L.


















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