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Nouvelle-Zélande: le divin impôt

29/06/2011 11:37

En Nouvelle-Zélande, certaines Eglises exercent de fortes pressions sur leurs ouailles pour qu'elles donnent toujours plus. (Reuters: Daniel Munoz)
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En Nouvelle-Zélande, certaines Eglises exercent de fortes pressions sur leurs ouailles pour qu'elles donnent toujours plus. (Reuters: Daniel Munoz)

En Nouvelle-Zélande, beaucoup d’Insulaires du Pacifique sont tombés sous la coupe d’usuriers. Ils sont surendettés, principalement car ils doivent soutenir leur famille restée au pays, mais aussi parce que les Eglises font pression sur eux.

Le révérend Tavake Tupou est le chef d’une congrégation méthodiste tongienne indépendante:

«Certaines églises organisent une collecte une fois par mois, mais les Eglises tongiennes le font normalement une fois par an. On leur demande de donner beaucoup et en plus leurs noms et le montant de leurs dons sont lus publiquement pendant l’office. Les gens se sentent sous pression et ils sont prêts à tout pour donner plus. Certains empruntent même de l’argent pour le donner à l’Eglise parce qu’ils pensent que ça leur donnera la vie éternelle.»

Le problème a pris une telle ampleur qu’une conférence nationale sera organisée en août. Autre raison majeure du surendettement des Insulaires du Pacifique en Nouvelle-Zélande: la dépendance des familles restées au pays:

«Vous savez, les îles s’enfoncent dans la crise économique, du coup c’est la diaspora qui doit prendre en charge les parents restés au pays. Et je connais plein de familles qui envoient de l’argent à la maison. Quand j’entre dans les bureaux de transfert d’argent, ils sont toujours pleins à craquer. Certains envoient même de l’argent à Tonga toutes les semaines. Il y a un autre système: une chaîne de supermarchés qui permet aux Tongiens de la diaspora de payer les courses en Nouvelle-Zélande, et ce sont leurs parents, à Tonga, qui vont chercher la marchandise dans la succursale locale de cete chaîne de supermarchés. Ça se fait de plus en plus.»

Entre des Eglises très gourmandes et les besoins des parents restés sur leurs îles, les diasporas océaniennes de Nouvelle-Zélande ont vraiment du mal à joindre les deux bouts. On arrive parfois à des situations ubuesques. Le révérend Tavake Tupou:

«Beaucoup ne sont pas éligibles à des prêts bancaires donc ils se tournent vers des usuriers qui leur imposent des taux d’intérêts surréalistes, c’est ridicule, j’ai entendu parler de cas où les gens avaient accepté de payer 30, 50, 60% d’intérêts! C’est la réalité de certaines familles ici.»

Pour lutter contre le surendettement des familles du Pacifique, le révérend a mis en place un système qui se démarque de la majorité des autres Eglises:

«Quand nous avons fait sécession de l’Eglise méthodiste tongienne il y a 10 ans, j’ai tout de suite réformé le mode de financement de notre église. Je prends l’image du gâteau et je conseille aux fidèles de donner 10% de ce qu’ils gagnent. Mais ce n’est pas une obligation bien sûr. Et les gens déposent leur don dans une enveloppe fermée qu’ils glissent dans la corbeille, donc le voisin ne sait pas combien vous avez donné, nous on ne lit pas la liste des noms des généreux donateurs, c’est une histoire entre vous et Dieu.»

Le révérend Tavake Tupou au micro de Bruce Hill sur radio Australie.

C.L.


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