Nomination de Pruaitch et bonne gouvernance?
28/06/2011 08:36
La semaine dernière, le Vice-Premier ministre de Papouasie Nouvelle-Guinée, Sam Abal, a procédé à un remaniement ministériel qui a réinstallé Patrick Pruaitch à son poste de ministre de l’Économie et des Finances. Une nomination qui fait grincer des dents.
M. Pruaitch est accusé par la Commission de médiation de mauvaise conduite dans l’exercice de ses fonctions ; il est aussi accusé de détournement des fonds électoraux.
Pour Ray Anere, chercheur à l’Institut Nationale de la Recherche, Sam Abal transmet un mauvais message et le Parti de l’Alliance nationale au pouvoir est de toute évidence en train de consolider ses positions.
ARERE : « Ce que nous pouvons tirer de ces nominations, c’est que le Parti de l’Alliance Nationale mais aussi les partis de l’actuelle coalition gouvernementale sont en train de se placer stratégiquement pour les législatives de 2012. C’est-à-dire que l’Alliance Nationale et le gouvernement de coalition se positionnent pour pouvoir accéder à toutes les ressources tout en étant en bonne place pour mener campagne. »
En clair, avoir les cordons de la bourse est sans nul doute un avantage lors des consultations électorales. Mais qu’en est-il de la nomination de M. Pruaitch alors que le médiateur l’accuse de mauvaise conduite et de détournement de fonds et que le dossier est maintenant entre les mains du procureur ?
ARERE : « C’est exact. Et je pense que dans la tête des analystes, des observateurs et de la population, tout le monde se dit et voilà un membre du parlement qui fait l’objet d’inculpations et qui a été réinstallé [à son poste]. Toux ceux qui suivent la vie politique du pays doivent ce dire que ce genre de choses ne peut arriver qu’en Papouasie Nouvelle-Guinée. »
Cette nomination est quand même porteuse d’un message. Quel est ce message ?
ARERE : « C’est un message que vous pourriez qualifier je suppose de double discours dans le sens où les politiciens et les dirigeants peuvent faire ce qu’ils veulent au nom des intérêts de ceux qui sont au pouvoir et qu’il y a d’autres lois pour les citoyens ordinaires. L’autre message qu’il est qu’il ne faut pas se plier aux principes de la bonne gouvernance. Vous avez un député qui fait face à des accusations et qui a reçu l’attention de la justice. Et bien selon la loi et les principes de bonne gouvernance, il ne devrait pas être autorisé à occuper un poste dans la fonction publique tant que son intégrité n’aura pas été rétablie. »


















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