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Morne climat au Sommet de Bonn

09/06/2010 11:02

Yvo de Boer prédit qu'il faudra encore 10 années de négociations pour obtenir un accord mondial sur le changement climatique. Le Sommet de Bonn n'est qu'une des innombrables étapes qui jalonnent le chemin. [Reuters]
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Yvo de Boer prédit qu'il faudra encore 10 années de négociations pour obtenir un accord mondial sur le changement climatique. Le Sommet de Bonn n'est qu'une des innombrables étapes qui jalonnent le chemin. [Reuters]

A Bonn, en Allemagne, les représentants de 190 pays poursuivent les négociations sur le changement climatique jusqu’au 11 juin. Yvo de Boer, le secrétaire démissionnaire de la Convention de l’ONU sur le changement climatique, a prévenu que la situation ne se débloquera pas avant 2020.

Après l’échec de Copenhague, il estime qu’il faudra encore 10 ans de négociations pour un accord mondial fixant un objectif contraignant de réduction des émissions de CO2, ainsi que le montant de l’aide financière accordée aux pays pauvres victimes du changement climatique.

Du côté des représentants de la société civile, c’est l’amertume qui règne. Parmi eux : le « Third World Network », un réseau international d’ONG qui se consacrent au développement durable et aux relations Nord Sud, avec notamment le problème de la dette du Tiers Monde. Pour eux, les pays riches renient le principe selon lequel ils admettent une plus grande responsabilité que les pays pauvres dans le changement climatique.

Meena Raman, la conseillère juridique de Third World Network, était interviewée hier par Geraldine Coutts sur Radio Australie:

Les pays développés veulent couler le Protocole de Kyoto, pour un protocole nettement moins contraignant. Et ils préconisent un système qui s’applique symétriquement aux pays développés et aux pays en développement, ce qui trahit le principe de responsabilités communes mais différenciées. L’accord de Copenhague prévoit une approche qui impose des objectifs du haut vers le bas. Concrètement, cela veut dire que les pays développés peuvent fixer ce qu’ils veulent comme objectifs et c’est ce qui nous inquiète beaucoup.

Quant aux 10 milliards de dollars américains par an pendant trois ans (d’ici 2012), promis par les pays riches à Copenhague, les petits pays n’en ont toujours pas vu la couleur. Yvo de Boer a déclaré cette semaine que le déblocage de cet argent est une “priorité absolue“, malgré la crise économique.

Cette aide sera portée à 100 milliards par an à partir de 2020. Mais les pays en développement sont inquiets, car certains pays riches auraient l’intention de débloquer ces fonds sous forme de prêts, et non de dons.


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