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Les Îles Salomon revendiquent leur Histoire

01/07/2011 08:38

Le bâtiment HMAS Australia attaqué par des avions japonais lors de la Bataille de la Mer de Corail. [Australian War Memorial: ID Number 044238]
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Le bâtiment HMAS Australia attaqué par des avions japonais lors de la Bataille de la Mer de Corail. [Australian War Memorial: ID Number 044238]

La Bataille de Guadalcanal, notamment. En 1942, l’armée japonaise veut faire des îles Salomon une base stratégique et l’île de Guadalcanal son centre et marines américains débarquent pour conquérir cette île stratégique. Suivront toute une série d’offensives dont la fameuse bataille navale de Guadalcanal.
Bilan de cette campagne : plus de 20 000 morts côté japonais contre environ 8 000 chez les Américains. Les Salomonais ont participé activement à cette campagne qui occupe une place importante dans toutes les cérémonies de commémoration de la seconde guerre mondiale et en particulier lors de la Journée commémorative de l’ANZAC célébrée le 25 avril de chaque année en Australie, en Nouvelle-Zélande et à travers le Pacifique. De nombreux pays océaniens ont participé aux opérations de l’ANZAC, ce corps d’armée australien et néo-zélandais.

Pourtant aux îles Salomon, les habitants ne réalisent pas l’importance de la campagne de Guadalcanal et Annie Kwai a pour mission de collecter les témoignages oraux d’une poignée de garde-côtes et d’éclaireurs salomonais qui ont participé aux offensives et qui sont toujours en vie. Mais le temps presse.

KWAI : « Les histoires disparaissent, elles s’éteignent aux Salomon et nous essayons de raviver tout ça en dépit du fait que les îles Salomon sont une jeune nation. J’ai déjà fait plusieurs interviews et de toute évidence beaucoup de personnes ne sont plus là. Quelques éclaireurs qui ont aidé les forces alliées sont encore vivants et je tente le plus possible d’enregistrer leurs témoignages pour les passer à la génération suivante afin qu’elle se rende compte de ce qui se passait à l’époque. »

Quand on parle de quelques éclaireurs ou de quelques garde-côtes, on parle de combien exactement ?

KWAI : « Dans le cadre des interviews que nous avons fait pour ce projet, on a compté moins de 10 survivants. Mais des gens viennent pour nous dire que ces survivants ont de la famille [à travers dans l'archipel]. Mais des îles et des villages sont difficilement accessibles et nous n’avons pas les moyens d’y aller pour enregistrer leurs histoires. »

Comment se passe le processus d’enregistrement de ces témoignages ?

KWAI : « Nous recueillons l’information avec un enregistreur vocal et nous traduisons parce que tout le monde s’exprime en pidgin. La plupart des histoires sont très personnelles et certaines même trop personnelles. Elles leur font de la peine. Ils ne répondent pas à vos questions et ne disent pas ce que vous avez envie qu’ils disent. Alors on les laisse raconter leurs histoires, ce qu’ils ont vécu. Si vous faites une interview classique avec questions/réponses, ça leur fait trop mal. Ce type de guerre était une chose nouvelle et c’est donc leur mémoire que l’on recueille, c’est un peu différent. »

Est-ce à dire qu’en 2011, certains Salomonais sont toujours traumatisés par la seconde guerre mondiale ? Annie Kwai.

KWAI : « D’après ce que j’en sais avec mes interviews, oui ! Ceux que j’ai rencontrés sont encore traumatisés. »

Pour la première fois, au mois d’août prochain, un monument aux morts à la mémoire des garde-côtes et des éclaireurs salomonais sera érigé sur le quai du port d’Honiara, la capitale.


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