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Le terme ‘réfugiés de l’environnement’ déplaît

12/05/2011 08:34

Tuvalu, une nation menacée par la montée du niveau marin. [flickr.com]
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Tuvalu, une nation menacée par la montée du niveau marin. [flickr.com]

Les meilleurs cerveaux juridiques de la région vont converger vers Colombia University, aux États-Unis, pour assister à une conférence nommée : Nations océaniennes menacées - Conséquences juridiques de la montée du niveau marin et du changement climatique.
Au nombre de ces conséquences, que faire du terme de ‘réfugiés de l’environnement’ ? Un concept qui reste encore à définir.

Le professeur Jane McAdam, de la Faculté de Droit de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud est une grande spécialiste des questions juridiques. Elle nous apporte des précisions.

MCADAM : « Le concept en lui-même est problématique pour un certain nombre de raisons. En termes de droit international, un réfugié du climat ou environnemental, ça n’existe pas. Les lois sur les réfugiés offrent une protection aux personnes qui craignent, preuves à l’appui, d’être persécutées dans leur pays en fonction de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance à un certain groupe sociale. Ces personnes sont à l’extérieur de leur pays d’origine, un pays ne leur offre pas de protection. Ça c’est problématique parce qu’on ne peut pas vraiment parler de persécution quand quelqu’un est déplacé pour des raisons environnementales ou le changement climatique. Persécution n’est pas compris comme ça.»

En termes juridiques l’affaire se complique quand on pense aux mouvements des réfugiés classiques. En terme de droit international, un réfugié est une personne qui fui d’urgence sont pays. Dans le Pacifique, les discussions anticipent ou tentent de planifier un mouvement de réfugiés, un mouvement de personnes qui risquent peut-être un jour de devoir quitter leur île pour plusieurs raisons ; manque d’eau potable, contamination des jardins vivriers par l’eau de mer. Ce n’est pas comme, nous confiera Jane McAdam, comme si une île disparaissait du jour au lendemain et que les habitants cherchent un refuge immédiat.

Il semblerait qu’un autre terme s’impose et de toutes les façons, ‘réfugiés de l’environnement’ déplaît dans le Pacifique. Jane McAdam.

MCADAM : « Comme je l’ai déjà mentionné, j’a interviewé des gens du Pacifique, à Kiribati et Tuvalu notamment, et les gens n’utilisent pas l’étiquette de ‘réfugié’. Ils m’ont dit :’Nous ne voulons pas être considérés comme des réfugiés. Pour nous, ça veut dire que nous sommes incapables de nourrir nos familles. Et puis, pour nous c’est aussi l’échec du système de réfugiés coincés pendant des années dans des camps.’ Les Océaniens du Pacifique ne veulent pas être perçus comme ça, ils ne veulent pas être perçus comme un fardeau de la communauté internationale. Ils aimeraient migrer avec dignité et avec des qualifications professionnelles pour s’installer dans d’autres pays et peut-être avec le temps reconstruire de petites communautés à l’étranger. »

Jane McAdam, professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud au micro de Geraldine Coutts.


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