Le gaz fait flamber l’immobilier en Papouasie Nouvelle-Guinée
02/08/2010 08:21
Difficile, très difficile de se loger dans la capitale Port Moresby. Avec le développement de l’exploitation du gaz naturel liquéfié (GNL), les expatriés affluent dans la capitale, qui n’est qu’un immense chantier.
A Port Moresby, le prix d’une maison est 24 fois supérieur au montant du revenu moyen d’un ménage. Quant aux locations, il faut compter plusieurs milliers de dollars par semaine.
La population de la capitale est actuellement d’un demi-million d’habitants et devrait passer à plus d’un million au cours de ces dix prochaines années. Ces nouveaux habitants seront probablement concentrés dans les campements et squats qui champignonnent en périphérie de Port Moresby.
Le projet d’exploitation de GNL de 16 milliards de dollars est une véritable aubaine pour les propriétaires immobiliers qui affichent un large sourire ; ce qui n’est pas du tout le cas des habitants de souche de la capitale, la communauté Motu-Koitabu.
Ces habitants vivent désormais dans des villages surpeuplés construits sur pilotis.
Notre correspondant a recueilli plusieurs témoignages. Frank Pipi a vécu pendant 76 ans dans l’un de ces villages, celui d’Elevala : « Nous n’avons pas l’eau, nous n’avons pas de terres, nous n’avons pas d’education, nous avons tout perdu dans notre communauté. Nous ne tirons aucun bénéfice de la terre. »
Miria Pikilu est le Président de l’Assemblée Motu-Koitabu et a réclamé l’ouverture d’une enquête sur la manière dont les habitants ont été dépossédés. Selon lui, la perte des terres remonte aux années 1870 avec l’arrivée des missionnaires européens : « La plupart des terres acquises à cette époque ont été achetées avec une hache, une machette ou un paquet de sel ou de tabac. C’est tout le prix qu’ils ont payé pour ça. Donc, j’espère que cette enquête montrera que les gens de Motu-Koitabu ont été dépossédés et qu’ils n’ont pas été payés de manière adéquate. »
Même l’ancien ministre des Affaires foncières, Puka Temu, reconnaît le triste sort de la communauté Motu-Koitabu : « Malheureusement, les anciens qui ont signé certains des titres n’avaient pas suffisamment de connaissances à cette époque même s’ils avaient de bonnes intentions pour que Port Moresby puisse se développer. Mais nous ne pouvons pas revenir en arrière sinon ce serait le chaos. Nous avons besoin de beaucoup de terres pour construire des logements et des propriétaires coutumiers ont de la terre, pas l’État. »











![Village sur pilotis prés de la capitale de Papouasie Nouvelle-Guinée, Port Moresby. [Radio Australie] Village sur pilotis prés de la capitale de Papouasie Nouvelle-Guinée, Port Moresby. [Radio Australie]](http://www.abc.net.au/reslib/201005/r569258_3502745.jpg)







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