L’alcool au centre de la violence contre les femmes dans le Pacifique
13/05/2011 08:48
Une étude en cours dans 16 nations océaniennes du Pacifique montre que beaucoup reste à faire tant sur le plan législatif que politique et social pour mieux diminuer le rôle de l’alcool et l’abus de substances en tous genres dans les violences faites aux femmes de la région.
Lors d’une table ronde qui s’est déroulée cette semaine à Canberra, la capitale fédérale australienne, les participants ont discuté des changements qui pourraient être apportés aux programmes existants de prévention de la violence.
Au nombre de ces participants, Lucina Schimch, chercheur au Burnet Institute de Melbourne.
Le lien entre l’alcool et la violence ne fait plus aucun doute, mais au fil de nos interviews nous entendons souvent des personnes se plaindre d’un manque de respect pour les femmes. Lucina Schmich.
SCHMICH : « Nos participants aux programmes de recherches en Papouasie Nouvelle-Guinée nous ont parlé d’une nouvelle culture de l’intoxication à l’alcool ; boire être saoul. Nos recherches ne concernent pas les relations entre les hommes et les femmes mais principalement l’abus d’alcool et de drogues. Je ne peux donc pas vraiment parler des relations hommes-femmes. Mais ce que nous nous pouvons dire, c’est que la consommation de l’alcool augmente et que sous l’influence de l’alcool des personnes deviennent violentes. Alors nous allons traiter toutes ces données à travers une évaluation méthodologique afin d’effectuer des recherches supplémentaires sur par exemple les relations hommes-femmes. C’est un peu où nous en sommes. »
Ces recherches concernent l’ensemble du Pacifique. Est-ce que des tendances ou des différences ont été identifiées en Mélanésie, en Polynésie et en Micronésie. Lucina Schmich.
SCHMICH : « Le message que nous recevons de nos homologues à travers le Pacifique, est que toutes les questions associées à l’alcool sont préoccupantes pour toute la région. Pas simplement pour la Mélanésie, mais aussi pour les pays micronésiens et polynésiens. »
Depuis le temps la situation dure, c’est quand même un peu surprenant que la relation entre l’alcool et la violence conjugale ne pas encore bien reconnue dans le Pacifique ?
SCHMICH : « C’est intéressant parce que tout le monde me dit que c’est tellement évident. Mais le problème n’est pas qu’elle ne soit pas reconnue sur le terrain, c’est qu’elle n’est pas à l’ordre du jour. Elle n’est pas largement discutée. »
En d’autres termes, tout le monde sait qu’elle existe et personne n’en parle. D’où le besoin, selon Lucina Schmich de mettre en place des programmes de sensibilisation, de saisir les politiques ou d’organiser des tables rondes comme à Canberra pour sortir la violence de son isolement.
Lucina Schmich, chercheur au Burnet Institute de Melbourne.











![La violence associée à l'alcool est une préoccupation généralisée dans le Pacifique. [AAP : Dave Hunt] La violence associée à l'alcool est une préoccupation généralisée dans le Pacifique. [AAP : Dave Hunt]](../reslib/200708/r165776_614959.jpg)







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