La Microbank signe son cent-millième client
01/06/2011 10:04
Cette Nationwide Microbank de Papouasie Nouvelle-Guinée ne joue pas dans la cour des grands. C’est aux petits qu’elle s’intéresse, aux petits entrepreneurs, aux familles, à ceux qui n’ont pas réussi à obtenir un prêt des grandes banques commerciales du pays.
Le cent-millième client est une cliente ; Tommie Seriate, 49 ans, veuve et mère de 4 enfants qui tient un petit café dans son jardin des Hauts Plateaux de l’est, à deux heures de Goroka, la capitale provinciale.
Que propose donc cette Microbank à ces 100 000 clients ? La réponse du directeur, Tony Westaway au micro de Géraldine Coutts.
WESTAWAY : « Ces 100 000 clients représentent surtout nos comptes d’épargne. Mais depuis 2004, nous avons accordé plus de 60 000 prêts ici en Papouasie Nouvelle-Guinée, c’est-à-dire 70 millions de kina [27 millions de dollars australiens]. La plupart des prêts sont pour des petites entreprises agricoles, des scieries portables, des petites échoppes de prêt-à-manger, des voitures pour aller faire son marché, les besoins des gens ordinaires de Papouasie Nouvelle-Guinée. »
Et bien restons avec les gens ordinaires de la Microbank, pour savoir ce que Tommie Seriate, cette veuve de 49 ans et cent-millième cliente, venez chercher en franchissant les portes de la banque ?
WESTAWAY : « Elle voulait pouvoir payer les frais de scolarité de ses petits-enfants. Les Papous sont très focalisés sur l’éducation de leurs enfants et tous les ans le système bancaire se vide pendant les mois de janvier et de février, les clients retirent l’argent de leur compte pour payer les frais scolaires. Tommie Seriate n’est pas différente des autres et elle accorde une énorme importance à l’éducation de ses enfants. C’est principalement pour cela qu’elle voulait ouvrir un compte, pour mettre de l’argent quelque part. Les Papous ont besoin de mettre leur argent quelque part et nombre d’entre eux mettent leur argent dans des boîtes de fer qu’ils enterrent dans leur jardin. Ce qui est vraiment dommage. »
Tommie Seriate a donc un peu d’argent ; elle peut emprunter, rembourser ou payer les frais de scolarité de ses petits enfants. Mais que propose la Microbank à ceux qui n’ont pas d’argent mais qui en ont besoin, que peuvent-ils offrir en garantie ?
WESTAWAY : « Habituellement, nous nous basons sur les économies qu’ils ont. Nous accordons un prêt s’ils nous offrent en garantie 30% de la somme demandée. Si vous vous voulez 100 kinas, vous devez laisser 30 kinas sur votre compte. C’est aussi simple que cela. C’est très difficile pour le Papou moyen d’ouvrir un compte dans une banque commerciale ou d’ouvrir un compte tout court, alors nous comblons ce vide pour eux. »
Et si le demandeur n’a pas du tout d’argent ? Dans certains organismes de microcrédit, le bétail est parfois donné en garantie parce que c’est tout ce qu’ils ont à offrir, c’est aussi le cas en Papouasie Nouvelle-Guinée ?
WESTAWAY : « Oui, ça arrive ici en Papouasie Nouvelle-Guinée, mais ce n’est pas du bétail, ce sont des cochons. »
Tony Westaway, directeur de la Nationwide Microbank.


















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