La coutume au Vanuatu : moitié problème, moitié solution
12/05/2011 08:28
L’archipel du Vanuatu comme d’autres nations océaniennes du Pacifique tente de trouver les moyens d’associer la gouvernance coutumière à la gouvernance politique officielle.
Le Malvatu Mauri ou le Conseil national des Chefs joue un rôle important en apportant ses recommandations au gouvernement en matière de culture notamment.
Ce groupe, élu par des conseils de chefs de districts, est nettement dominé par les hommes. Une structure parallèle existe : le Conseil national des femmes. Toutefois, des appels se font sentir pour que les femmes soient davantage intégrées dans les structures de gouvernance coutumière.
Pour nous en parler, Marylin Tahi qui s’occupe d’un Centre de Crise des femmes et un abri pour les victimes de violences conjugales. Elle souligne que la coutume a son rôle dans les questions de violence contre les femmes.
TAHI : « Dans notre travail au Centre des femmes du Vanuatu, nous nous occupons des femmes, des victimes de la violence, d’abus des enfants, de mariages forcés, ce genre de choses. Nous devons gérer des attitudes qui sont profondément enracinés dans ce qui est appelé La Coutume où les femmes devraient faire ce qu’on leur dit et se laisser contrôler par les hommes de la famille.
Toujours est-il qu’en cas de problème, les femmes vont voir le chef local pour demander de les aider à régler un cas particulier. Pourquoi ? Parce que les chefs sont disponibles dans les villages, les zones rurales, mais aussi dans les centres urbains. Parce qu’ils ne demandent pas d’argent et qu’ils trouvent des solutions très rapidement.
Nous avons donc pensé que cela nous serait utile dans notre travail d’en savoir un peu plus sur la gouvernance coutumière. Nous avons donc été à des réunions pour apprendre et comprendre tout ce système de gouvernance coutumière. Nous en savons un peu plus maintenant et nous tentons de voir comment nous pourrions utiliser ce système dans notre travail.
Mais nous faisons pression aussi pour que disparaissent les comportements discriminatoires que la coutume nous semble encourager et qui fait que la violence est vivante dans ce pays. »
Il semblerait donc que la gouvernance coutumière fait à la fois partie du problème et de la solution du problème.
TAHI : « Nous avons essayons de comprendre des faits particuliers. Nous travaillons pour que les femmes puissent être protégées par la loi, qu’elles puissent accéder aux tribunaux et à la justice. Toutefois, de nombreuses femmes vivent dans le quotidien et utilisent ce que l’on appelle les lois coutumières ou les valeurs avec lesquelles elles vivent. Donc oui, nous sommes à la croisée des chemins et nous devons regarder comment la gouvernance coutumière puisse s’associer à un système plus formel ou si nous pouvons marier ce qu’il y a de bon dans la gouvernance coutumière et dans la gouvernance officielle. »
Des propos recueillis par notre collègue Janak Rogers de l’émission Pacbeat.


















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