Brèves du Pacifique - 30/12/2011
Australie: pas d’enquête australienne sur le drame de Sumbawa- L’Australie ne conduira pas sa propre enquête sur les bavures policières qui ont fait 3 morts sur l’île indonésienne de Sumbawa.
L’annonce a été faite jeudi par Wayne Swan, le Premier ministre par intérim pendant les vacances de Julia Gillard.Le drame s’est passé samedi dernier au cours d’une manifestation contre l’ouverture d’une mine d’or par le groupe australien, Arc Exploration. Ce sont les Verts, membres de la coalition gouvernementale, qui avaient demandé jeudi une enquête australienne indépendante, afin de déterminer si Arc Exploration n’a pas obtenu sa licence d’exploration au détriment des paysans riverains. D’après la Commission indonésienne des droits de l’homme, les policiers indonésiens ont tué et blessé des manifestants qui étaient déjà à terre. Arc Exploration a suspendu ses activités en attendant le résultat de l’enquête officielle des autorités indonésiennes, lesquelles ont reconnu que les policiers avaient eu une «réaction disproportionnée».
En Australie, Investec Loyal conserve son trophée de vainqueur de la course Sydney-Hobart 2011. Le voilier a remporté mercredi la 66ème édition de la course en 2 jours, 6 heures et 14 minutes, devançant le deuxième et pourtant grand favori, Wild Oats XI, de trois petites minutes, ce qui est rarissime pour une course qui fait quand même 1170 km. Jeudi matin, l’équipage a convaincu le jury du comité de la course, réuni pour examiner la plainte de l’équipage de Wild Oats XI, arrivé deuxième à seulement trois minutes de différence. Le skipper de l’Investec Loyal était accusé d’avoir triché en demandant à un hélicoptère de l’ABC (l’équivalent de France Télévisions) quelles voiles utilisait le Wild Oats XI. Accusations non fondées donc, ce qui offre donc une deuxième défaite aux équipiers de Wild Oats XI, pourtant partis ultra favoris.
Le gouvernement néo-zélandais a suspendu jeudi son programme d’aide au Vanuatu concernant l’établissement des passeports. En 2010, la Nouvelle-Zélande a en effet financé la construction d’un nouveau bâtiment à Port-Vila, doté de la technologie nécessaire, pour imprimer des passeports biométriques. Ce nouveau système étant destiné à mettre fin au trafic de passeports diplomatiques, mené par certains députés et/ou membres du gouvernement. Trafic à peine dissimulé, car 5 Chinois ont bénéficié de ces passeports leur garantissant l’immunité juridique, des passeports sortis directement des presses de l’État vanuatais. En échange, les 5 Chinois ont fait une généreuse donation à l’État pour la rénovation du Parlement, mais on a perdu la trace de cet argent. La semaine dernière, un ancien ministre vanuatais, Joe Natuman, a tiré la sonnette d’alarme, affirmant que ce trafic de passeports continue. En début d’année, Joe Natuman a déposé des amendements à la loi sur le passeport pour interdire au gouvernement de vendre des passeports diplomatiques à des étrangers. Mais en novembre, le gouvernement a amendé à nouveau la loi pour autoriser les étrangers à représenter le Vanuatu en tant que diplomates, et donc munis du passeport tant convoité. Pour Joe Natuman, cité par la radio néo-zélandaise internationale, le Vanuatu légalise ainsi la corruption en vendant son identité. Le Ministère des Affaires étrangères néo-zélandais annonce qu’il est en discussion avec le gouvernement vanuatais.
En Papouasie Nouvelle-Guinée, le groupe minier canadien New Guinea Gold a suspendu ses opérations sur l’île de Nouvelle-Bretagne, à l’est du pays. La mine de Sinivit est en effet occupée par des propriétaires coutumiers mécontents du non versement de leurs royalties. Dans une lettre officielle le 12 décembre, les avocats des propriétaires coutumiers avaient menacé de bloquer la mine si les royalties n’étaient pas versées. La direction de la compagnie minière affirme que l’argent a été transféré mais les propriétaires coutumiers disent que c’est faux, et surtout, ils demandent une compensation supplémentaire pour les dommages environnementaux causés selon eux par les activités minières. New Guinea Gold a déposé un recours au tribunal pour déloger de force les manifestants.
A Port-Moresby, la police a saisi mardi des armes d’une valeur d’environ 250 000 dollars au domicile d’un des ministres du gouvernement de Peter O’Neill, dont l’identité n’a pas été dévoilée. D’après le quotidien papou “Post Courier”, la police a été tuyautée avant de faire une descente dans cette résidence. Il s’agit d’armes exclusivement réservées à la police et à l’armée normalement et qui ont donc été achetées par des voies illégales. Joint par le “Post Courier”, le député et ministre affirme qu’il ne savait pas que sa maison hébergeait cette armurerie, et qu’il s’agit d’un coup monté de rivaux politiques. Il souligne qu’il n’aurait de toute facon pas les moyens d’acheter toutes ces armes. Il est en tout cas convoqué au poste dès qu’il reviendra de sa circonscription dans les Hauts-Plateaux. Les tensions politique sont à leur comble en Papouasie Nouvelle-Guinée, où malgré l’apparente victoire du Premier ministre Peter O’Neill, les luttes d’influence continuent en sous-main contre le clan de Michael Somare.
C.L.


















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