Brèves du Pacifique > Brèves du Pacifique - 10/12/2009

Brèves du Pacifique

Brèves du Pacifique - 10/12/2009

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Nigel Brennan, photojournaliste, s’adresse pour la première fois aux médias. [ABC]

Après la joie de la libération vient le temps des regrets/excuses pour Nigel Brennan - Le journaliste australien et sa collègue canadienne ont été libérés il y a deux semaines après un calvaire de 15 mois aux mains de leurs ravisseurs somaliens.

Nigel Brennan, 37 ans, s’est exprimé mardi pour la première fois devant des médias australiens. Ses premiers mots sont allés à sa famille, qui a vécu un autre type d’enfer. Pendant 15 mois, ses parents se sont battus pour réunir la rançon, allant jusqu’à recruter un négociateur privé, lorsque les efforts du gouvernement australiens pour faire libérer le journaliste sont apparus insuffisants. Nigel Brennan a avoué qu’il lui arrivait de penser ne plus jamais revoir sa famille.
Si je suis allé en Somalie, et que je me suis mis ainsi en danger, c’était pour parler de la détresse des Somaliens. Avec le recul, c’est un risque que je n’aurais peut-être pas dû prendre et ça me fait mal de penser que je suis la cause de tant d’angoisse et de souffrances, mais je pense que mes raisons étaient honorables.”, a-t-il expliqué.

Prorogation des réglementations d’urgence à Fidji - Cette mesure annoncée par le Président fidjien, Ratu Epeli Nailatikau, dans le journal officiel, est effective depuis le 3 décembre et restera en vigueur pour une durée de 30 jours, c’est-à-dire pendant toute la période des fêtes. Ces réglementations ont été imposées le 10 avril dernier après l’abrogation de la Constitution de 1997 et sont depuis prorogées tous les 30 jours. La Constitution a été abrogée après la décision de trois juges australiens de la Cour d’appel de déclarer illégale l’administration par intérim issue du coup d’État militaire de 2006. Les réglementations d’urgence, notamment l’article 16, permet entre autres à l’État de contrôler les diffusions et les publications de tous les médias de cet archipel mélanésien.

La situation aux îles Salomon reste fragile - Tout a commencé par une déclaration de Patrick O’Connor, du site web Socialist, qui remet en question les privilèges de la Mission d’assistance régionale aux Îles Salomon, (RAMSI). Cette force internationale a été dépêchée aux Salomon en 2003 pour rétablir l’État de droit après des années de guerre civile. Peter Boyers, le Président de la Commission des relations étrangères des îles Salomon, auteur d’un rapport sur la RAMSI critiqué par Patrick O’Connor qui s’interroge sur la présence de la RAMSI six ans plus tard, a réaffirmé la présence indispensable de cette Mission d’assistance régionale : « Aucun doute que la plupart des Salomonais pensent que si la RAMSI s’en va avant que les causes des tensions n’aient été élucidées, des groupes frustrés n’hésiteront pas à reprendre les armes et le conflit sera alors encore plus grand. »

Pas d’alcool à Madang pendant trois mois - C’est officiel. Le viol d’une expatriée âgée et résidente de longue date dans cette province de Papouasie Nouvelle-Guinée, aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En réaction à ce viol, les autorités ont envisagée un couvre-feu jusqu’en janvier 2010. Mais la population a aussi réagi et exprimé son ras-le-bol à la suite d’une recrudescence de braquages à main armée et de crimes violents de ces dernières semaines et derniers mois. Des crimes bien souvent alimentés par l’alcool. De ce fait, plus de 1 000 hommes, femmes et enfants ont défilé dans les rues de la capitale pour aller présenter une pétition au gouvernement provincial et réclamer une interdiction totale de l’alcool. Les protestataires ont aussi demandé aux autorités de sévir à l’encontre dans fabricants d’alcool artisanal et des cultivateurs de cannabis. L’interdiction d’alcool serait déjà entrée en vigueur et les autorités ont toujours l’intention d’imposer un couvre-feu entre 22 heures et 6 heures.

PACER +, un défi pour le Vanuatu - L’acronyme PACER + signifie un accord de libre-échange incluant 13 nations océaniennes du Pacifique ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les deux grands voisins. Odo Tedi, le directeur de la Banque de réserve du Vanuatu, s’est exprimé lors d’une conférence sur le Pacifique à Canberra mardi dernier. À cette occasion, M. Tedi s’est déclaré persuadé que l’accord profitera probablement aux consommateurs du Vanuatu : « Ce sont les consommateurs qui vont bénéficier des prix à meilleur marché des produits d’importation mais le contre-argument veut que le secteur de la fabrication paiera les pots cassés » face aux importations d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Et d’ajouter : « Nous pourrions assister à un déclin de ce secteur, ainsi, en termes d’industrialisation à long terme, un défi de taille se pose. » M. Tevi ajoute que les revenus gouvernementaux pourraient aussi souffrir puisque des études ont montré que les pertes pourraient se situer en 17 et 23%. Comment faire pour compenser, s’interroge Odo Tevi en suggérant une réforme fiscale puisque l’impôt sur le revenu n’existe pas au Vanuatu.

Éduquer la masse salariale à mieux comprendre le VIH et le Sida - Un nouveau programme vient d’être lancé sur les lieux de travail en Papouasie Nouvelle-Guinée. Le quotidien Post Courier rapporte que l’Administration forestière du pays a conclu un partenariat avec l’organisation non-gouvernementale Anglicare pour la mise en place de stages d’information, de sensibilisation et de formation en entreprise sur le virus du Sida. Kanawi Pouoru, le directeur de l’Administration forestière estime que ce type de programmes a tout à fait sa place au sein des services des ressources humaines. M. Pouoru souligne que toutes les organisations et toutes les entreprises doivent impérativement comprendre et assimiler la question du Sida et que les travailleurs qui vivent avec le Sida ne doivent en aucun cas faire l’objet de discrimination. Pour Kanawi Pouoro, tout le monde doit comprendre que le Sida est une maladie comme les autres, au même titre que le cancer ou le paludisme.

L’aide réticente du gouvernement samoan - Australien de l’État du Victoria, Danny Robes était dans le village de Saleapaga quand le tsunami est passé à la fin du mois de septembre. Plus de 140 personnes ont perdu la vie dans cette vague déferlante qui a aussi rayé de la carte des villages et des complexes touristiques dans le sud du pays. Le tsunami a fait aux alentours de 30 morts à Saleapaga, des enfants pour la plupart. Danny Robes a décidé de rester dans ce village pour aider à le reconstruire et affirme que les survivants ont des difficultés à obtenir l’aide du gouvernement samoan. L’assistance semble arriver au compte-gouttes et M. Rodes affirme que les autorités locales se font prier : « Cela n’a aucune importance si vous parlez à un quelconque ministre doté de responsabilité. Si vous n’insistez pas vraiment fort, c’est très difficile d’obtenir une réponse. C’est inquiétant. Nous avons la saison des pluies et cette saison n’est pas le moment idéal pour vivre dans une plantation. » Des villageois vivent toujours dans des forêts à l’écart de côtes.

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