Bougainville: un début de réconciliation avec l’Australie
11/08/2011 11:52
Le chef de l’ancien groupe sécessionniste Me’ekamui accepte de discuter avec le gouvernement australien. Au centre de ces discussions: la possible réouverture de la mine de cuivre de Panguna, don’t les terres sont contrôlées par le Me’ekamui, qui représente les propriétaires traditionnels.
Or traditionnellement, le Me’ekamui est hostile au gouvernement australien et au géant minier australien Rio Tinto, l’exploitant de Panguna à travers sa filiale BLC.
La mine a fermé en 1989, c’est ce gisement qui a déclenché la guerre civile. Les propriétaires traditionnels s’estimaient lésés, alors que l’exploitation de Panguna apportait à l’Etat papou rien moins qu’un cinquième de ses ressources. Et les propriétaires traditionnels étaient aussi furieux de l’impact environnemental de la mine, l’un des plus grands gisements au monde.
Michael Somare, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères au début de la guerre civile, a signé un témoignage officiel révélé en juillet. Selon lui, Rio Tinto aurait lui-même fourni à la police et à l’armée papoue des hélicoptères de combat, des pilotes, de l’essence et des baraquements pour les soldats.
Quant au gouvernement australien, il est très mal vu parmi les sécessionnistes bougainvillais, car il est accusé d’avoir prêté main forte au gouvernement papou. Rabbie Namaliu, Premier ministre durant les quatre premières années du conflit, a déclaré que les hélicoptères Iroquois utilisés par l’armée papoue ont été fournis par l’Australie.
Dans ce contexte figé, Chris Uma, le général indépendantiste du Me’ekamui, a fait un geste fort il y a peu en autorisant l’ambassadeur australiene en Papouasie Nouvelle Guinée, Ian Kemis, à visiter la mine de Panguna. Une première en 20 ans.
«J’ai compris que je peux résoudre le problème de Bougainville, je sais pourquoi la crise a commencé, je sais qu’elle prendra fin. C’est pour cela que j’ai décidé de laisser passer l’ambassadeur australien à mon check-point, pour bien signifier au gouvernement australien et au monde que la discussion est ouverte. La mine de Panguna pourrait rouvrir sous mon nom, Chris Uma. Mais ce n’est pas encore négocié, c’est un long processus de négociations.»
D’après John Momis, le Président de la Province autonome de Bougainville, aujourd’hui 97% des Bougainvillais sont favorables à la reprise de l’exploitation de Panguna par BCL-Rio Tinto. Il faut dire que l’économie bougainvillaise est exsangue.
Un référendum d’auto-détermination est prévu entre 2015 et 2020 à Bougainville. Si la province autonome devient indépendante, il faudra quelque chose pour tirer l’économie. Mais selon James Tanis, ancien Président de Bougainville et originaire de la région de Panguna, la mine ne sera pas encore en activité:
«C’est déjà trop tard! Même si la décision de rouvrir la mine était prise aujourd’hui, la reprise de l’exploitation ne pourrait pas se faire avant trois ans, parce qu’il faudrait d’abord consacrer au moins trois ans à la reconstruction de la mine, au minimum.»
Autre obstacle que James Tanis demande au gouvernement papou de lever: le transfert de compétences en matière minière, qui n’a toujours pas été concrétisé. Et il demande aussi des fonds de développement pour sortir Bougainville de la pauvreté.
C.L.


















Vos commentaires
Jhamper Guddekaaf
"...PS: Les reserves d´or,d´argent et de cuivre par action se situent a la hauteur de 105 US$ par action. En plus BCL detient encore 7 Licences supplementaires sur l´ile...."
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