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AUX ÎLES SALOMON, LE TAUX DE MORTALITÉ INFANTILE STAGNE DEPUIS 20 ANS

08/03/2011 10:29

Aux îles Salomon, 36 enfants sur 1 000 n'atteignent pas l'âge de 5 ans. [Reuters]
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Aux îles Salomon, 36 enfants sur 1 000 n'atteignent pas l'âge de 5 ans. [Reuters]

En dépit des millions de dollars d’aide et des dépenses gouvernementales dans les soins de santé, l’archipel des Salomon n’a fait aucun progrès et le nombre d’enfants qui meurent chaque année n’a pas bougé depuis 20 ans.
Pourtant, le dernier rapport de l’UNICEF sur « La Situation des enfants dans le monde 2011 », montre que des nations océaniennes, comme le Vanuatu, ont réussi à réduire le taux de mortalité infantile des moins de 5 ans pendant la même période.

Pour Neima Qulizepo, infirmière en pédiatrie depuis 17 ans à l’hôpital de Gizo, dans la Province Ouest de l’archipel, le manque d’équipement et les transports sont un facteur de cette incapacité à réduire le taux de mortalité aux Salomon:

Qulizepo : « Les transports sont le problème. Les mères ont des difficultés à venir dans les cliniques à cause du transport et du manque d’argent. Et les hôpitaux n’ont pas les équipements et nous devons envoyer les échantillons de sang à Honiara [la capitale] ou en Australie et ça prend du temps pour avoir les retours. »

Et puis c’est la tragédie…la plus terrible pour une famille…malheureusement trop courante aux îles Salomon. Une tragédie que connaît Neima Qulizepo qui a perdu son fils : Christopher.

Qulizepo : « Il avait 2 ans et 6 mois et il est tombé malade. Il n’avait pas de fièvre mais se sentait faible. »

Les docteurs n’arrivent pas à trouver ce qui ne va pas et l’enfant est envoyé à l’hôpital de la capitale située à 12 heures de bateau.

Qulizepo : « Le dernier jour, un docteur a dit qu’il s’agissait d’une occlusion intestinale avec appendicite aigüe. Et…ah. C’était tout. »

Si des analyses avaient pu être faites sur place à Gizo, Neima Qulizepo est persuadée que son enfant serait toujours en vie.

Aux îles Salomon, 36 enfants sur 1 000 n’atteignent pas l’âge de 5 ans. En Papouasie Nouvelle-Guinée, le pourcentage est plus fort, 70 enfants par tranche de 1 000.

Les nations océaniennes du Pacifique dépensent à peu près le même pourcentage de leur Produit national brut dans les services de santé. Un peu de progrès a été fait en Papouasie Nouvelle-Guinée et à Nauru, mais les taux restent très élevés.

Pourtant, le Vanuatu a réussi de réduire de moitié son taux de mortalité en l’espace de 20 ans. Qu’est-ce qui fait la différence. Nous avons posé la question au docteur Isiye Ndombi qui représente l’UNICEF dans le Pacifique. Pour lui, des inégalités sont en partie responsables:

Ndombi : « Si vous regardez aux différences sous-jacentes, c’est la qualité de la vie familiale, les conditions de vie. L’éducation des mères de famille est par exemple cruciale au développement de l’enfant. La deuxième chose qu’il faut voir, c’est la qualité des soins de santé. »

Divi Ogaoga a été lui pendant un an le responsable des services de santé infantile au ministère de la Santé des îles Salomon. Il affirme que des initiatives ont été prises sous sa direction :

Ogaoga : « Nous avons cherché à améliorer l’environnement dans les cliniques avec du personnel soignant qualifié. Nous avons mis des équipements dans les hôpitaux, des équipements de base mais meilleurs, pas vraiment du matériel ultramoderne mais du matériel de base qui peut sauver beaucoup de vies. »

Des propos recueillis par notre collègue, Stéphanie March.


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