Australie: le futur marché carbone lorgne du côté du Pacifique
12/07/2011 11:31
Le plan carbone australien ouvre de nouvelles perspectives de business pour les pays du Pacifique. L’objectif est de réduire les émissions de CO2 de 160 millions de tonnes par an d’ici 2020.
Dès 2015 l’Australie mettra en place un marché carbone, en clair, une bourse aux permis de polluer.
Comme pour l’Europe, l’Australie devra chercher près de la moitié de ces permis de polluer à l’étranger, à travers des projets de compensation carbone. Par exemple, des forêts sauvées de l’exploitation.
Et c’est la Papouasie Nouvelle Guinée qui a la meilleure carte à jouer, à condition qu’elle ait les moyens de vérifier les opérations sur le terrain. Paul Winn est le responsable des forêts à Greenpeace Australie:
«En Papouasie Nouvelle Guinée, 150 millions de tonnes de CO2 sont émises chaque année à cause de l’exploitation forestière. Ils pourraient réduire cette exploitation et vendre des crédits carbone à l’Australie mais n’oublions pas que le pays est loin d’avoir les moyens de vérifier l’état des forêts sur le terrain et de mesurer les économies de CO2. Sans parler du fait que le gouvernement australien n’a pas encore dit si les crédits carbone achetés en Papouasie Nouvelle Guinée par des entreprises australiennes seraient conformes aux standards du marché carbone australien. Or les déplacements sont rendus très difficiles par le relief et la jungle, donc il faudra du temps pour mettre en place une structure de vérification.»
Mais il n’y a pas que les conditions géographiques qui compliquent la validation d’éventuels crédits carbones papous. Paul Winn:
«La Papouasie Nouvelle Guinée a déjà essayé de vendre des crédits carbone à l’international, mais l’expérience a tourné court, principalement à cause du niveau de corruption. Donc l’Australie devra mobiliser beaucoup d’argent et d’employés pour la validation des crédits carbone papous. Mais si c’est fait correctement, je veux dire si ces crédits ne se révèlent pas être bidons et bradés, alors cela pourrait rapporter gros à la Papouasie Nouvelle Guinée.»
Paul Winn répondait à Jemima Garrett sur Radio Australie.
C.L.



















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