Adélaïde dans l’horizon de Rémi Camus
04/11/2011 08:59
Chaque jour, avec acharnement et courage, Rémi Camus court ses 50 kilomètres qui lui permettront un jour de rejoindre Darwin tout au nord de l’Australie.
Rémi Camus, jeune français de 26 ans, est en partenariat avec l’Association du Syndrome de L.O.W.E, présente en France et en Australie. Le syndrome de L.O.W.E est une maladie génétique et héréditaire qui ne touche que les garçons. Les enfants atteints souffrent de cataracte, d’insuffisance rénale et de troubles neurologiques graves.
Rémi est parti le 16 octobre de Melbourne (dans le sud du pays) en direction d’Adélaïde. Nous l’avons contacté le 27 octobre et il avait déjà parcouru près de 400 kilomètres. Nous lui avons téléphoné hier 3 novembre et il n’était qu’à une centaine de kilomètres au sud d’Adélaïde. Faisons le point en sa compagnie.
Pierre Riant : « Tu les fais en combien d’heures ces 50 kilomètres?
Rémi Camus : Alors ça dépend puisque je filme en même temps et je prends des photos. Je suis dans une autre démarche. Je me dis, il faut courir, courir et faire un minimum de 50 kilomètres. si je me dis aujourd’hui je ne fais que courir, je finis vers 2h30 ou 3 heures. Puis si je décide de prendre mon temps et de faire du film, de la photo, essayer de rencontrer des gens et de discuter alors ça prend beaucoup plus de temps.
Dès fois, on me demande si je veux un lift [monter en voiture]… Alors forcément c’est parfois tentant de partir avec eux. Et après, il faut relancer la machine pour pouvoir repartir et courir avec une remorque qui fait une trentaine de kilos.
L’autre jour j’ai rencontré un monsieur qui m’a invité à dormir chez lui. Il est passé trois fois devant moi et la troisième fois il s’est arrêté pour me dire : Mais qu’est-ce que vous faites ? Je lui ai dit : Ben je cours ? Et il m’a dit : Vous voulez que je vous emmène ? Non, c’est pas la peine mais c’est gentil, j’ai dit.
Alors il a ajouté : j’ai jamais vu quelqu’un comme vous ? Alors je fais : Il y a des fous partout, même en France et ils viennent en Australie.
Pierre Riant : Tu as fais d’autres rencontres intéressantes ?
Rémi Camus : Traverser l’Australie en courant n’est juste qu’un moyen de locomotion. Il y a des gens qui le font en bateau, en avion, peu importe… Moi j’ai décidé de le faire en courant. Mais ce n’est qu’un moyen de locomotion, après le reste, tout ce qui est à côté, ce n’est que du plaisir. Les rencontres que l’on fait.
Quand on va chez les gens le soir pour taper à leur porte et leur demander si je peux mettre la tente chez eux. Alors j’allume la petite caméra vidéo qui est posée sur ma remorque et quand j’arrive et que je frappe à la porte, c’est du vrai, c’est du vécu, c’est du réel, c’est ce qui se passe en ce moment.
Je leur dit que je traverse l’Australie en courant et je demande si je peux planter ma tente. Ils sont très étonnés et ont un regard bizarre… Mais après ils me disent bien sûr, tu peux la mettre dans le jardin.
Pierre Riant : personne n’a encore sorti le fusil ?
Rémi Camus : Non pas encore…rires…les gens restes civilisés en Australie, ça va.
Quand j’ai raccroché, Rémi Camus était à une centaine de kilomètres d’Adélaïde avec un pied gonflé. Rémi pensait avoir été piqué par une redback (une araignée) et pas le moindre docteur à l’horizon.


















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