Aborigènes et drogues dures: un tsunami social
26/08/2010 10:49
C’est une catastrophe sociale annoncée de longue date. Les Aborigènes et les Insulaires du Détroit de Torrès sont au bord du gouffre. A quoi le voit-on? Au niveau de dépendances aux drogues dures.
L’Aborigène Gracelyn Smallwood est infirmière à temps partiel et spécialiste des questions aborigènes à l’université James Cook. Elle tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Selon elle, les jeunes de la communauté aborigène ne se contentent plus d’alcool et de cannabis. Ils se rabattent massivement sur les drogues dures du type métamphétamines. Résultat: une crise de santé mentale. Gracelyn Smallwood, interrogée par Josh Bavas, de l’ABC:
«C’est comme si un tsunami déferlait sur la Grande Barrière de Corail. Avant, quand les Aborigènes ne prenaient que de l’alcool ou du cannabis, on arrivait encore à les aider à s’en sortir. Mais maintenant on voit- et moi-même je l’ai vu- les effets des drogues dures comme les métamphétamines, sur les Aborigènes comme sur les non Aborigènes, d’ailleurs. Et les gens nous disent qu’ils hallucinent, qu’ils ont changé de personnalité. Certaines personnes ayant commis des viols ou des meurtres nous disent qu’ils ne se souviennent pas de ce qu’ils ont fait. Parfois ils étaient tellement stones, qu’ils ne se souviennent pas où ils étaient. Il nous faut un plan d’urgence, on ne peut pas attendre que la vague nous touche de plein fouet.»
Selon une étude de l’Université Edith Cowan, le niveau de consommation de substances illicites est deux fois plus élevé parmi les Aborigènes urbains que la moyenne générale australienne. Bien que datant de 2008, cette étude n’a pas réussi à attirer l’attention des pouvoirs publics australiens.
Le Dr Mary Emeleus travaille dans le plus grand centre de consultation psychologique de Townsville, dans le Queensland. L’addiction aux métamphetamines est un problème majeur, mais seul un tout petit nombre de drogués lui demandent de l’aide:
«Si vous avez des malheurs dans tous les domaines de votre vie, être stone vous permet d’oublier et de passer la journée. Je ne veux pas qualifier la situation de désespérée, mais il est clair qu’être un Aborigène sans abri est l’une des pires situations immaginables pour sortir de la drogue.»
La santé mentale des Aborigènes est concernée, mais également leur santé tout court: les effets des métamphétamines creusent toujours plus les inégalités de prise en charge médicale entre la population aborigène et le reste de la population australienne.















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