3è conférence de l’AAAPS à Melbourne
12/04/2010 10:26
Ce week-end, c’était la fin de de la 3è conference de l’AAAPS, une association qui regroupe les chercheurs de toutes les disciplines sur le Pacifique.
A cette occasion, Tim Anderson, professeur en économie politique à l’Université de Sydney et membre de l’ONG australienne Aidwatch, a publié un rapport pour la défense des terres coutumières en Mélanésie.
Des terres qui ne sont pas enregistrées au cadastre et que l’on ne peut techniquement pas vendre.
Tim Anderson analyse la position de l’agence australienne de développement, AusAid.
«Les terres coutumières sont considérées comme un obstacle au développement par la Banque Mondiale et des groupes de réflexion finances par les grandes banques en Australie par exemple.
AusAid n’a pas la même position: elle soutient les propriétaires coutumiers, mais elle veut qu’ils tirent le maximum de la valeur de leurs terres, c’est-à-dire qu’ils louent leurs terres.
Par exemple, à une enterprise qui va y développer une plantation de palmiers à huile.
Le loyer moyen que touchent les propriétaires coutumiers varie de 10 à 50 dollars australiens par hectare et par an.
C’est très peu car la plantation rapporte plusieurs milliers de dollars par hectare et par an
Ce sont des locations pour 99 ans. Les propriétaires coutumiers peuvent techniquement récupérer leurs terres.
Mais comme l’entreprise locataire a mis en valeur la terre, le contrat oblige les propriétaires coutumiers à lui verser une compensation!
Ce qui est impossible pour des paysans sans argent. Donc ils ne peuvent pas récupérer leurs terres.
Donc très souvent, la location des terres coutumières se transforme en expropriation.»
Tim Anderson a calculé ce que rapportent ces terres coutumières, si leurs propriétaires continuent à les cultiver:
« En Papouasie Nouvelle Guinée, beaucoup de femmes vendent leurs fruits et légumes sur le bord des routes. Quand ce sont de bonnes routes carrossables, il y a beaucoup de clients. Dans ces marchés, nous avons calculé que les femmes gagnent en moyenne 3 ou 4 fois plus que le salaire dans une plantation, dans une conserverie ou une mine.
Beaucoup pensent que vendre des fruits et legumes dans le secteur informel, c’est ce qui rapporte le moins. Mais en Mélanésie, quand les gens ont de bonnes terres et de bonnes routes, ils gagnent bien leur vie.»
En Papouasie Nouvelle Guinée, 97% et aux Iles Salomon, 85% des terres sont toujours aux mains des propriétaires coutumiers. Mais les agences et banques de développement continuent leurs lobbying pour la commercialisation des terres.











![Archipel mélanésien du Vanuatu [Reuters] Archipel mélanésien du Vanuatu [Reuters]](http://www.abc.net.au/reslib/200904/r359754_1658813.jpg)







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