150 dollars pour un tabassage, c’est trop peu
14/07/2011 10:50
Au Vanuatu, les pressions s’accentuent sur le Premier ministre pour qu’il punisse dûment son ministre des Infrastructures et des Services publics, Harry Iauko.
En juin, le ministre a été reconnu coupable d’avoir commandité le tabassage du patron du Vanuatu Daily Post, Marc Neil Jones ainsi que la mise à sac de ses locaux. Une colère déclenchée par la parution d’un article sur des accords fonciers douteux conclus lorsque Harry Iauko occupait le fauteuil de Ministre des Affaires foncières.
Lui et ses hommes ont du chacun s’acquitter d’une amende de 150 dollars. Depuis, la grogne monte dans les rangs des journalistes. La Fédération Internationale des Journalistes et le Forum pour la Liberté dans le Pacifique vont porter l’affaire devant le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU.
Et c’est au tour de l’Association des Media Pasifika de monter au créneau. Son Président, Savea Sano Malifa, est le patron du quotidien “Samoa Observer”. Il réclame une plus grande fermeté à l’encontre du Ministre Iauko:
«Nous croyons que le ministre devrait être puni plus sévèrement, et pas seulement avec une petite amende de 150 dollars. On nous a expliqué que le Premier ministre ne dispose que d’une très courte majorité et qu’il pourrait être renversé s’il devait se séparer du ministre Iauko. Mais ce n’est pas une raison pour cautionner le tabassage d’un journaliste qui n’a rien fait de mal. Après, que Sato Kilman sanctionne ou non son ministre, ce n’est pas l’objectif de notre intervention. Nous voulons avant tout faire savoir aux politiques de tous les pays, dans tout le Pacifique, et au-delà, que tabasser des gens ordinaires ou des journalistes n’est pas acceptable et ne devrait être toléré par personne. Le monde entier devrait se lever et nous soutenir dans cette affaire.»
Et malheureusement, la mésaventure de Marc Neil Jones au Vanuatu n’est pas une première. Savea Sano Malifa lui-même a été victime du même genre de manoeuvres d’intimidation il y a quelques années:
«Oui c’est vrai ça nous est aussi arrivé. J’ai été agressé par les frères d’un ministre. J’ai traîné en justice deux des frères et le ministre lui-même et ils ont écopé de deux ou trois mois de prison. Le lendemain, ils ont fait appel et leur condamnation a été réduite à une simple amende de 300 dollars chacun. Tout de suite après, il y a eu des représailles, les locaux de notre journal ont été brûlés. Mais heureusement pour nous je ne pense pas que notre gouvernement actuel soit adepte de ces méthodes. Enfin j’espère.»
Savea Sano Malifa, patron du quotidien Samoa Observer et Président de l’Association des Media Pasifika, répondait aux questions de Bruce Hill sur Radio Australie.
C.L.


















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